Destination voyage : le forfait réel du tout inclus des pauvres!

Une cinquantaine de personnes bénéficiaires de l’aide sociale, de l’assurance-emploi, intervenants sociaux et politiciens étaient à Saint-Narcisse le 15 octobre, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté.

À l’invitation du Mouvement d’Action Solidaire des Sans-Emploi (MASSE) des Chenaux et du Fonds communautaire des Chenaux (FCDC), ils étaient réunis afin de réfléchir sur la pauvreté et émettre leur opinion sur les mesures d’austérité envisagées par le gouvernement Libéral.

« Les seuls voyages que je me permets dans l’année, c’est pour aller à la banque alimentaire », s’exclame un prestataire de l’aide sociale, faisant référence au contrôle envisagé des prestataires qui quitte le pays « pour des vacances dans le sud ». À travers les échanges, on comprend bien que les mesures envisagées pour couper à l’aide sociale semblent se nourrir des préjugés et contribuent à les alimenter.

Pour les organisateurs de l’évènement, il est clair que le gouvernement fait fausse route en ciblant ce qu’ils considèrent comme des exceptions, alors que ce serait tous les bénéficiaires qui feraient les frais de telles mesures.

Ils estiment plutôt qu’on devrait « investir au lieu de sévir ». « Il s’agit d’une vision politique à très court terme encore une fois, malheureusement », selon Geneviève Paré, directrice au FCDC « A-t-on pensé qu’en diminuant les revenus des personnes les plus vulnérables dans notre société, on va augmenter entre autres considérablement à moyen terme, les coûts reliés à la santé et le taux de criminalité. Pour que les personnes puissent rebondir après un moment difficile, il faut minimalement que les besoins de base soient comblés : bien manger, se vêtir, se loger et la possibilité de se déplacer pour trouver un emploi, par exemple ».

Pierre Blanchet, du MASSE des Chenaux, affirme pour sa part que « dans un contexte où le gouvernement souhaite faire des économies, nous souhaitons qu’il comprenne vraiment que de mettre en place des mesures qui élimineraient la pauvreté permettrait aux personnes qui la vivent de retrouver leur dignité, d’être plus instruits et en santé, et au gouvernement de faire de grandes économies. Nous appuyons en ce sens Alain Dumas, économiste de la région, et le Conseil de Santé et de bien-être social du Canada qui confirment cela. » En effet, selon eux, le coût annuel des conséquences de la pauvreté est de 25 milliards de dollars et le coût annuel d’investissement pour éliminer la pauvreté serait deux fois moindre, c’est-à-dire de 12,3 milliards de dollars.