SADC Vallée de la Batiscan, Fière partenaire de la réussite de Biothec Foresterie

Biothec Foresterie est une entreprise forestière qui a débuté en 2009 à Rivière-aux-Rats (La Tuque) en offrant des services de débroussaillage sur les terres publiques ou privées. Toutefois, ce qui l’a amené à installer une usine à Saint-Tite, à l’automne 2013, c’est plutôt son volet biopharmaceutique. À la tête de cette entreprise novatrice, madame Nathalie Charbonneau, une femme qui n’a pas peur de relever des défis et de mener de front plusieurs projets.

Nathalie Charbonneau, directrice générale et Louis Carrier, directeur d’usine. (Photo: Jérémie Perron)

Nathalie Charbonneau, directrice générale et Louis Carrier, directeur d’usine. (Photo: Jérémie Perron)

Ce n’est pas un plan de carrière bien défini qui a conduit là madame Charbonneau, mais le fruit de plusieurs rencontres, ainsi que des qualités indéniables de femme d’affaires. Partie de Grand-Mère où elle était copropriétaire d’un bar avec son conjoint, elle est devenue propriétaire d’une station-service avec dépanneur, d’un restaurant et d’un bar, à Rivière-aux-Rats où elle est demeurée 17 ans.

C’est en 2009 que le directeur des opérations, monsieur Tony Roy, a été approché par une entreprise pharmaceutique installée en Inde pour assurer un approvisionnement en if, dont certaines composantes sont utilisées dans des médicaments contre le cancer. Tout un monde d’opportunités, mais aussi de défis, s’est ainsi ouvert devant Biothec Foresterie. Après près d’un an et demi d’accompagnement et de travail sur le dossier, la production a débuté.

Aujourd’hui, ils sont quelques 200 cueilleurs, des travailleurs autonomes formés par Biothec Foresterie, qui récoltent l’arbuste au printemps et à l’automne. L’if est ensuite acheminé à l’usine de Saint-Tite pour y être séché et broyé afin d’en faire une fine poudre qui est par la suite expédiée en Inde vers les installations d’Intas Pharmaceuticals. Cette société en extrait les trois principaux ingrédients actifs recherchés soient les taxanes DHB, 10 DAB et Paclitaxel qui entrent dans la composition de traitements de chimiothérapie.

L’entreprise de Saint-Tite ne se contente pas de fournir la matière première, elle participe aussi activement à l’étude de cette ressource, notamment avec le LASEV (Laboratoire d’analyse et de séparation des essences végétales) de l’Université du Québec à Chicoutimi. On y cherche, par exemple, à connaître ce qui influence le taux de DHB dans l’if.

« On a produit des inventaires, effectué beaucoup de tests, pour constater que le taux avait chuté. On a fait appel à des chimistes, à des chercheurs pour mieux comprendre ce qui influence ce taux ». Un des objectifs étant de mieux connaître le produit afin d’en maximiser les opérations. « On travaille avec des plantes naturelles (sauvages), c’est difficile de prévoir. L’idéal serait d’en faire la plantation, mais ce serait très cher », estime madame Charbonneau.

Un second objectif visé par le partenariat avec les chercheurs étant d’explorer la possibilité de procéder à l’extraction des taxanes. « Personne au Canada ne le fait. Il y a des entreprises pharmaceutiques ici, alors pourquoi pas ».

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(Photo: Jérémie Perron)

On voit bien que Nathalie Charbonneau a su saisir que le potentiel de cette avenue demandait recherche et développement et pas seulement pour l’if. En effet, Biothec Foresterie a travaillé durant trois ans afin de développer des produits de santé naturelle à partir d’un champignon qu’on retrouve en forêt, le chaga. Quatre numéros de produits naturels ont été confirmés par Santé Canada, depuis 1 an et demi, afin de produire deux capsules, une extraction et une tisane.

Au centre des projets de Biothec Foresterie, nous retrouvons toujours la valorisation des ressources forestières et une optimisation des activités de l’entreprise. C’est également vrai pour leur chantier de récolte des cônes, un autre important volet de l’entreprise. Dans ce chantier, Biothec Foresterie participe à une étude du ministère des Ressources naturelles, pour laquelle elle est un partenaire majeur.

Sans compter les cueilleurs, Biothec emploie 19 personnes environ 8 mois par année. Ces derniers sont affectés à l’usine, au débroussaillage ou au contrat d’entretien avec le CN. Nathalie Charbonneau veut consolider ses activités. « Je ne veux pas devenir un laboratoire pharmaceutique. J’aimerais trouver une société qui pourrait en effectuer la 3e transformation ».

Un partenaire incontournable

Le succès de Biothec Foresterie s’est forgé à travers des partenariats et du soutien dans le milieu. Dès le processus d’installation de l’usine à Saint-Tite, le Centre local de développement (CLD) de Mékinac et la Société d’aide au développement des collectivités (SADC) de la Vallée de la Batiscan, notamment grâce à son Fonds d’investissement, ont été parties prenantes du projet.

Au-delà du financement, il y a eu le soutien des conseillers de la SADC et du CLD qui a permis à madame Charbonneau de bien élaborer le plan d’affaires et de frapper aux bonnes portes avec des dossiers bien montés. On a beau être une femme d’affaires aguerrie et autodidacte comme Nathalie Charbonneau, « quand on apprend sur le tas, ça prend ça », dit-elle.

L’aide offerte par la SADC a bien sûr été très utile lors du démarrage, mais elle est restée essentielle par la suite. « C’est comme une deuxième famille, ils sont là pour nous aider. Des fois, on se parle aux deux semaines. Ça amène des idées, nous fait voir des choses auxquelles on ne pense pas, nous fait rencontrer des gens qui ont des visions compatibles ».

En fait, la SADC est un partenaire qui investit financièrement et humainement dans la réussite des entreprises de son territoire.