SADC Vallée de la Batiscan, Fière partenaire de la réussite de la Coopérative de couture de Batiscan

En 1991, lorsque l’entreprise Le Culottier à Batiscan fermait ses portes, c’est 250 personnes qui se sont retrouvées sans emploi. À l’époque, madame Céline Bouchard était directrice de production dans cette usine où sa mère avait travaillé avant elle et où elle-même avait débuté jeune durant les étés.

Coop-couture-12Puis en 1995, trois hommes d’affaires achètent la bâtisse et sollicitent madame Bouchard pour remettre sur pied l’entreprise de couture. Elle relève le défi et fonde la Coopérative de couture de Batiscan, avec sept autres femmes, dont Carole Cantin et Guylaine Magny, qui sont encore à ses côtés, 20 ans plus tard.

« Elles ont eu l’audace de se plonger dans une aventure assez houleuse. On ne savait pas jusqu’où on pouvait aller », raconte la présidente fondatrice. Mais c’est un défi qu’elles n’ont pas eu à relever seule puisque, dès le départ, des partenaires ont soutenu l’entreprise, comme la Coopérative de développement régional (CDR), la Caisse Desjardins de Batiscan, la Corporation de développement économique (CDE) Mékinac-des Chenaux et, bien entendu, la Société d’aide au développement des collectivités (SADC) de la Vallée de la Batiscan.

Elle se rappelle combien la première année fût difficile et à quel point l’appui des partenaires a été crucial. Elle pense notamment à monsieur Gilles Côté, directeur de ce qui était alors la Caisse de Batiscan et aussi à monsieur Guy Veillette, qui était à l’époque à la CDE, remplacé ensuite par le CLD. Des personnes qui ont offert un accompagnement soutenu et important.

Ainsi, les couturières sans emploi ont pu réintégrer leur place en ayant cette fois l’opportunité d’être partie prenante de l’entreprise, devenue une coopérative de travail. La présidente, Céline Bouchard, est celle qui prend en charge la gestion quotidienne de l’entreprise et la coordination du travail. « J’utilise les forces de chacune ».

Les couturières, étant membres de la coopérative, sont impliquées dans les décisions et ont ainsi une plus grande responsabilité, mais également une plus grande influence sur leur travail et leurs conditions.

Donnant raison aux partenaires qui ont cru en ces femmes d’action, en seulement cinq ans, l’entreprise prendra le chemin de la rentabilité. La coopérative de couture se spécialisera dans l’assemblage de vêtements haut de gamme pour ses clients.

Au début des années 2000, à l’instar de toute l’industrie du textile au pays, la coopérative de couture de Batiscan doit faire face à la concurrence féroce de la Chine, dont les faibles coûts de production attirent de nombreuses entreprises. Il en résulte la perte d’importants clients et l’entreprise de Batiscan doit dénicher des contrats de sous-traitance pour continuer à donner du travail à ses membres.

Heureusement, la coopérative de couture de Batiscan a été soutenue par le milieu. « Avec le CLD, le CLE, la SADC et la Caisse Samuel de Champlain, dont la directrice était madame Jacqueline Rompré, on a formé un comité de gestion pour nous donner des outils de travail pour gérer au jour le jour ». Ainsi, avec l’appui des partenaires, les membres ont pu maintenir les activités de l’entreprise et passer au travers de la crise.

La situation s’améliorera en 2006, quand Quartz Nature, un ancien client, rapatrie au Québec l’assemblage de ses manteaux d’hiver. La coopérative de couture de Batiscan reprend le chemin de la croissance avec ce contrat important qui occupe toujours les couturières pour la plus grande partie de l’année.

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(Photo: Jérémie Perron, Filisofik)

Aujourd’hui, la coopérative de couture emploie 40 personnes, dont 22 sont membres. En plus des manteaux d’hiver de Quartz Nature, on fabrique aussi, notamment, des vêtements de golf Dexim et des uniformes d’infirmière de la collection Sonia Pelletier.

Reste que les tendances du marché dans le textile en font un secteur saisonnier. « Il y a des périodes de pointe et des saisons mortes. On ne peut pas rester ouvert tout le temps à plein régime ». Le défi est de trouver des contrats pour combler ces périodes creuses et c’est d’ailleurs ce qu’on tente de faire en sollicitant des clients corporatifs, pour la confection de vêtements d’entreprises.

Un partenaire constant

Dès le début de l’aventure, la SADC Vallée de la Batiscan a été un des principaux partenaires financiers de l’entreprise ainsi que Femmessor et Filaction qui se sont ajoutés en 2010, comme levier économique pour consolider les finances de la coopérative ou faciliter l’acquisition de nouveaux équipements.

Mais au-delà du financement, la coopérative de couture a aussi pu bénéficier de l’expertise des agents de la SADC pour l’accompagner dans les différentes étapes de son développement. Que ce soit dans l’instauration de la gestion participative ou en offrant des programmes de formation, par exemple.

Aujourd’hui encore, la SADC participe activement au comité de suivi qui a remplacé le comité de gestion mis sur pied dans un moment plus difficile. Céline Bouchard voit dans leur implication constante un réel intérêt pour la vitalité des entreprises de leur territoire.

Elle sait qu’elle pourra compter sur la SADC pour relever, avec elle et les membres de la coopérative de couture, les défis de l’avenir.