Un avenir pour nos églises?

En octobre dernier, on apprenait que le patrimoine religieux allait être exclu dans les futures demandes faites au pacte rural de la MRC des Chenaux. Les gens concernés se sont alors mobilisés pour faire renverser cette décision et s’assurer que le patrimoine religieux soit bel et bien représenté dans la nouvelle mouture de la planification stratégique de la MRC.

M. Jean-François Royal, président du Conseil du patrimoine religieux du Québec, rencontrait des gens de partout dans la MRC des Chenaux, soucieux de l’avenir du patrimoine religieux.

M. Jean-François Royal, président du Conseil du patrimoine religieux du Québec, rencontrait des gens de partout dans la MRC des Chenaux, soucieux de l’avenir du patrimoine religieux.

Le départ était donné pour amorcer une réflexion collective sur l’avenir des églises de notre territoire. Avec en tête l’historien et marguillier de Champlain René Beaudoin, des gens qui ont à cœur le sort de nos églises ont décidé d’alimenter cette réflexion en organisant une série de rencontres, dont la première avait lieu le 28 février dernier, à l’église de Champlain. Environ 75 personnes étaient présentes, notamment des marguilliers, des citoyens ainsi que des élus municipaux, dont les maires de Champlain, Batiscan et Sainte-Anne-de-la-Pérade.

Pour l’occasion, on n’avait invité le président Conseil du patrimoine religieux du Québec (CPRQ), M. Jean-François Royal, afin de savoir un peu mieux ce que réserve l’avenir en ce qui a trait à la sauvegarde de nos églises.

Question de dresser un portrait de la situation, M. Royal mentionnait qu’il reste environ 4 000 églises au Québec et que l’on en perd de 150 à 200 par année, par des fermetures, transformations ou autres.

Du côté du CPRQ, les budgets ont été réduits dans le passé, passant de 14 M$ à 10 M$ par année pour tout le Québec. L’octroi d’aide financière se fait selon la valeur patrimoniale des bâtiments, un classement qui a été effectué de façon indépendante et selon différents critères (que l’on retrouve sur le site internet du CPRQ).

Ainsi, seules les églises classées A, B ou C peuvent recevoir une aide financière pour leurs travaux. Les demandes sont évaluées et priorisées par des tables régionales dont les dirigeants siègent sur le conseil d’administration du CPRQ. Les églises qui ont la cote D ou E ont tout de même autant accès à l’aide technique offerte par l’organisme.

Dans la MRC des Chenaux, seule l’église de Sainte-Anne-de-la-Pérade est classée A. Celles de Batiscan, Champlain et Saint-Prosper ont la cote B; les églises de Saint-Maurice, Saint-Narcisse et Saint-Stanislas, la cote C; celles de Notre-Dame-du-Mont-Carmel et Saint-Luc-de-Vincennes, la cote D; l’église de Sainte-Geneviève-de-Batiscan a quant à elle reçu la cote E.

« On ne peut pas garder toutes les églises ouvertes, il y a des choix à faire », explique M. Royal pour qui il importe de bien faire comprendre que le CPRQ s’occupe strictement de patrimoine. « Le maintien du culte n’est pas un critère ». Il estime d’ailleurs qu’il faut absolument séparer l’aspect historique et patrimonial de l’aspect pastoral pour faire des choix les plus éclairés possibles.

Le changement de vocation des bâtiments est une voie à explorer et Jean-François Royal donnait quelques exemples de transformations réussies dans la province. Et ce ne sont pas majoritairement des condos, contrairement à la croyance populaire. C’est « réutiliser pour mieux conserver » et il est possible de réaliser des projets respectant l’esprit du lieu et permettant même de conserver sa valeur patrimoniale.

Mais c’est à chaque communauté de déterminer ses besoins et de se donner les moyens. La population doit être mobilisée. Il va sans dire aussi que si les paroisses se mettent à travailler ensemble, les possibilités sont plus grandes.

Une prochaine rencontre aura lieu le 28 mars avec M. Ludger Lavoie, président du comité multisectoriel du patrimoine religieux de Portneuf pour connaître ce qui se fait chez nos voisins. Puis, le 25 avril, on souhaite faire un venir un représentant du ministère des Affaires municipales afin de savoir quels sont les pouvoirs des municipalités en matière de patrimoine religieux. « Avec ça, on devrait avoir toutes les informations pour décider ensuite de ce qu’on fera », mentionnait M. Beaudoin.