Des changements au Carrefour jeunesse-emploi

En cette période où nos instances régionales tombent l’une après l’autre selon le plan du gouvernement, le réseau des Carrefours jeunesse-emploi (CJE) du Québec n’a pas échappé au grand ménage, mais dans une moindre mesure jusqu’à présent.

Sébastien Morin, directeur général du CJE Trois-Rivières/MRC des Chenaux.

Sébastien Morin, directeur général du CJE Trois-Rivières/MRC des Chenaux.

En fait, les CJE devront plutôt modifier leur mode de fonctionnement pour atteindre les objectifs fixés par le gouvernement. « On passe d’un financement à la mission à un financement par entente de services », résume M. Sébastien Morin, directeur général du Carrefour jeunesse-emploi de Trois-Rivières/MRC des Chenaux.

Auparavant, le CJE pouvait déterminer ses actions en fonction des réalités locales qu’il identifiait. Bien entendu, le financement était lié au respect de différents critères. Désormais, c’est Emploi Québec qui transmettra ses besoins et les cibles à atteindre et le Carrefour assurera le service, tout en conservant son autonomie de gestion.

Et ce n’est pas sans impacts. La clientèle du carrefour demeure les jeunes de 16 à 35 ans, mais les services s’adresseront désormais uniquement aux jeunes référés par Emploi Québec. On parle donc de jeunes qui sont prestataires d’assurance emploi, d’une aide financière de dernier recours ou sans chèque.

« Ce sont les étudiants et les travailleurs précaires qui sont les grands perdants », mentionne M. Morin. En effet, un jeune qui, par exemple, occupe un emploi mais qui souhaite se réorienter ou retourner aux études, ne pourra plus bénéficier des services du carrefour.

Ayant conservé son autonomie le CJE pourrait récupérer la clientèle en signant d’autres ententes de services, pour des projets. Comme c’est le cas avec Desjardins Jeunes au travail qui revient encore cette année dans la MRC des Chenaux, permettant de rejoindre les 15-18 ans. Toutefois, avec l’abolition de la Conférence régionale des élus et Réunir Réussir (R2) qui cesse ses activités, ce sont des partenaires naturels qui disparaissent.

Le Carrefour jeunesse-emploi a également dû procéder à une rationalisation. On pense au projet totem qui ne sera pas reconduit et les réductions dans le projet Jeune en Action. Dans ce cas, cela implique que le groupe de la MRC des Chenaux devra se rendre à Trois-Rivières pour poursuivre le projet. Les effectifs du CJE sont passés de 36 à 31 personnes.

Mais le Carrefour conserve le point de service de Sainte-Geneviève-de-Batiscan afin de desservir les jeunes de la MRC des Chenaux. Malgré le contexte, M. Morin estime que la situation aurait pu être pire. « On est chanceux, parce qu’on a déjà une belle collaboration avec la direction régionale d’Emploi Québec ». Aussi, le CJE dessert un grand territoire, ce qui facilite l’atteinte des cibles.

Toutefois, on peut se demander ce qui adviendra dans les prochaines années pour les carrefours qui oeuvrent dans des milieux plus petits, où les cibles sont plus difficiles à atteindre.