Il n’y a pas d’argent à faire sur le dos des assistés sociaux

Dans le cadre de la Semaine de la dignité, le Mouvement d’action solidaire des sans-emploi (MASSE) des Chenaux était à Plessisville avec d’autres groupes membres de son regroupement, la Coalition pour les droits des personnes assistées sociales des régions Mauricie et Centre-du-Québec, pour mettre en lumière l’insécurité alimentaire vécue par une frange grandissante de la population.

« Pendant que nos gouvernements coupent dans les programmes sociaux tout en augmentant les taxes et les tarifs, pendant que le coût des aliments a bondi de 30% ces 10 dernières années, sans que les revenus de la majorité de la population suivent cette progression, nous pouvons observer et même mesurer les inégalités de richesses au Québec, notamment dans cet accroissement constant de l’insécurité alimentaire qui inclut également la difficulté à se procurer les aliments qui sont nécessaires à la santé », peut-on lire dans le communiqué de la Coalition.

Bien qu’ils ne soient pas les seuls à nécessiter l’aide des banques alimentaires, les assistés sociaux ont particulièrement écopé en matière de coupures dans les dernières années. Les récentes modifications à l’aide sociale n’aident certes pas les choses.

Réclamation des exemptions de revenus permises lors d’une non-déclaration, diminution de la valeur des maisons qui est permise sans voir son chèque coupé ou coupure des prestations pour les personnes qui font un séjour en centre de thérapie en toxicomanie, autant de mesures qui pénaliseront beaucoup plus de gens que les seuls fraudeurs qui semblent visés.

Car c’est un des objectifs, si l’on considère que les groupe de défense de droits comme le MASSE ont déjà constaté que le ministère de l’Emploi et de la Solidarité met plus d’emphase sur l’enquête et la répression, plutôt que sur des mesures préventives.

Pierre Blanchet, coordonnateur du MASSE des Chenaux.

Pierre Blanchet, coordonnateur du MASSE des Chenaux.

Pour Pierre Blanchet, du MASSE des Chenaux, c’est ni plus ni moins qu’une « taxe à la pauvreté ». Car l’appauvrissement des assistés sociaux s’accentue toujours davantage. Selon Statistique Canada, il en coûtait en 2014 1 488$ par mois pour couvrir les besoins essentiels. Un montant qui passe à 1 509$ avec l’augmentation du coût de la vie de 1,4%, une augmentation de 21$ par mois. Or, l’aide sociale ne fournit déjà que la moitié de ce montant, selon les cas, et elle n’est indexée qu’aux alentours de 1%. Une personne sans contrainte qui recevait 610$ par mois en 2014, en reçoit maintenant 616$, une augmentation trois fois moins importante que celle, bien réelle, du coût de la vie. « C’est un écart qui se creuse toujours plus chaque année », dit M. Blanchet.

« On peut peut-être douter de l’intention réelle du gouvernement. Pour faire des économies, ce n’est peut-être pas la bonne cible », dit Pierre Blanchet qui croit comme d’autres qu’il existe d’autres sources de revenus possibles pour le gouvernement, comme celles mises de l’avant par la coalition Main Rouge qui permettraient d’aller chercher 9,5 milliards $.