Ce démesuré Festival western

Pourquoi ne pas aimer, de temps à autre, les « grosses affaires »? Être renversé par le gigantisme d’un événement?

Avouons que c’est le cas du Festival western de Saint-Tite! N’est-ce pas?

En fait, la légende de sa démesure est à ce point colportée que c’est rendu qu’il y a plein de gens qui prennent pour résolution, hélas, de ne pas s’y rendre, craignant, justement, de ne pas pouvoir s’y rendre…

Et pourtant, pas moins de 600 000 personnes y parviennent! Joli paradoxe, n’est-ce pas?

Pour les fins de cet article, nous sommes principalement allés échanger avec le maire de Saint-Tite, André Léveillé, et le directeur général du festival, Pascal Lafrenière…

…question de prendre les « mesures » de cet événement vraiment fantastique qui nécessite une logistique d’une ampleur dont on a raison d’être fiers d’avoir mis au point.

On nous dira de part et d’autre que le Festival, c’est une affaire d’au moins 31 M$ pour l’économie de Saint-Tite et des alentours.

Le Festival lui-même fonctionne avec un budget de 7M$, comptant sur une quinzaine de permanents auxquels s’ajoute une quinzaine de saisonniers.

Pendant les dix jours, le Festival voit se démener pas moins de 1 000 personnes dont 600 bénévoles.

La Ville elle-même récolte près de 500 000$ de droits de permis mais ça lui en coûte près de 400 000$ pour les collecter et remplir les obligations qui en découlent (on pense, pour ne donner qu’un exemple, à la collecte journalière des déchets).

Il faut savoir que toute chose, bien sûr, est tarifée : comptoirs de vente (ça part à 560$), utilisation du propane, location de places de stationnement (ça part à 40$ l’unité), vidange des sanitaires, stands de musique ou de spectacles, etc.

C’est environ 800 kiosques qui sont, pour l’occasion, aménagés; convertissant, par le fait même, le village en un très immense centre commercial à ciel ouvert où seraient ultra-difficiles celle ou celui qui ne trouverait pas le produit ou le service recherché…

600 000 personnes en dix jours! On mesure l’ampleur des infrastructures sanitaires pour servir tout ce monde-là, leur offrir à boire…

On calcule que, pendant le Festival, des chambres sont louées dans près de 600 des 1 400 résidences de la localité de Saint-Tite.

En outre, le Festival western rapporte 500 000 $ à une trentaine d’organisations comme, par exemple, les associations étudiantes de Paul-Le Jeune qui peuvent ainsi s’assurer de maintenir tout au long de l’année scolaire une foule d’activités. En fait, on est choyés, à cette école secondaire, de compter sur le Festival, même si toute la pelouse en face de l’institution est convertie momentanément en un immense terrain de camping.

D’autres organisations opèrent des concessions de nourriture ou de breuvage, effectuent des tâches de nettoyage ou de support technique. L’activité Centraide Western permet à elle seule de remettre 50 000$ à Centraide Mauricie et Leucan Mauricie.

On estime que viennent au Festival environ 10 000 véhicules motorisés qui défrayent approximativement 3M$ uniquement pour leurs frais de séjours.

Bien sûr, le maire André Léveillé convient que l’événement ne fait pas que des heureux dans la population (4 000 habitants). « Il y a 1 400 portes dans Saint-Tite, exprime le maire. Je peux dire que j’en ai fait 400 lors de mon porte-à-porte aux élections municipales de 2009 et j’estime que 10% me disait être contre l’événement; 30 % indifférent et 60% très favorable ».

On l’ignore trop mais le Festival, avec ses installations, s’avère être le plus gros contribuable de Saint-Tite pour un compte de 100 000$, si on inclut la location du Sportium.

Quoi qu’il en soit, le maire (qui fut dans les fondateurs de l’évènement en 1967 alors qu’il y avait eu 6 000 personnes pour une journée de rodéo organisée par l’entreprise G.A Boulet) prend soin dans son bulletin municipal d’inviter la population « à jouer son rôle très important dans le respect de la règlementation et les normes exigées pour la sécurité des citoyens et des visiteurs ».

Pour sa part, le directeur général, Pascal Lafrenière se montre en mesure lui aussi de témoigner de l’ampleur d’un festival qu’il dirige depuis 2009 et qui se classe, dit-il, comme le plus gros événement du Québec en région et le plus gros évènement western de l’Est de l’Amérique.

On compte 70 000 spectateurs uniquement pour les rodéos. Lors de la 45e édition, on a introduit la vente de ce qu’on appelle l’Étoile de shérif au coût de seulement 5$ et qui est obligatoire pour rentrer aux chapiteaux, au saloon de la SAQ, au Ranch et à la Countrythèque Stingray.

Cette mesure qui a été un peu controversée (et dont on refuse de dévoiler l’exact succès financier) a certainement permis au Festival d’aller chercher de bonnes sommes d’argent.

« Il y a trois choses qui nous guident, exprime monsieur Lafrenière : la sécurité, le professionnalisme et le plaisir ».

On a remarqué que pour sa publicité, le Festival met de plus en plus l’accent sur les vedettes de ses rodéos. On a valorisé sept d’entre eux. C’est axé sur les compétitions; les compétiteurs, leur courage et leur agilité. On cherche à développer l’intérêt des gens pour la chose grâce à un réseau de compétitions partout au Québec qui trouve son apogée à Saint-Tite. Avec sa sous-compagnie Wild Time, le Festival est en mesure de produire des spectacles et compétitions de rodéos « clé en mains » qui trouvent preneurs. On parle d’une douzaine de contrats.

De même, le public est fortement invité, lors de visites organisées, à découvrir les dessous du rodéo pour comprendre en outre qu’on ne maltraite pas les animaux et que des bêtes valent jusqu’à 100 000$.

Enfin, le coût des assurances que doit prendre le Festival est très important. On s’assure contre les hécatombes, les accidents, les responsabilités, etc.

Dans les dernières semaines, il a fallu composer avec le fait que la Croix-Rouge s’est retirée des services de soins d’urgence et d’infirmerie. Ce sera la firme GTI qui prendra la relève.

La tâche du directeur général est aussi de s’informer de ce qui se produit ailleurs dans d’autres événements; question d’être à la page. Bien sûr, il arrive qu’on se déplace pour aller voir. De même, on compte sur une veille en tourisme que maintient Tourisme Québec.

On salive déjà pour le 50e

L’événement qui s’en vient sera le 48e Festival western mais déjà on salive sur ce que sera le 50e . On sait par exemple que le Festival s’est adressé à la Ville pour obtenir une somme substantielle, et aussi qu’on veut pour l’occasion présenter des activités étalées sur toute une année, le rythme n’étant pas cependant encore déterminé.

Julie-BouletJulie Boulet s’exprime

La députée de notre circonscription, Julie Boulet, raconte au Bulletin Mékinac que, bien sûr, on lui parle, où qu’elle aille, du Festival Western.

« Ce que je dis alors, confie-telle, c’est que ça se compare au Stampede de Calgary, au Carnaval de Québec! Que ça se passe dans la communauté; pas sur un site quelconque; que c’est comme une fête de famille à laquelle assistent les gens année après année. Que le milieu s’est adapté à la fête. Les gens sont estomaqués! »