Les CJE sonnent l’alarme

Le 3 septembre dernier, les Carrefours jeunesse-emploi (CJE) de la Mauricie et du Centre-du-Québec étaient rassemblés dans les locaux du CJE Trois-Rivières/MRC des Chenaux, à Trois-Rivières dans le cadre d’une série de rencontres régionales du Réseau des CJE. Ces rencontres ont lieu dans la foulée du dépôt d’un mémoire en vue de l’élaboration de la prochaine Politique québécoise de la jeunesse.

Alexandre Soulières, directeur général du RCJEQ, Joanie Sutherland, ancienne participante, Sébastien Morin, directeur général du CJE Trois-Rivières/MRC des Chenaux, et Guy Veillette, directeur général du CJE de Mékinac.

Alexandre Soulières, directeur général du RCJEQ, Joanie Sutherland, ancienne participante, Sébastien Morin, directeur général du CJE Trois-Rivières/MRC des Chenaux, et Guy Veillette, directeur général du CJE de Mékinac.

Le mémoire, qui a été déposé le 12 août, propose 34 recommandations concernant les saines habitudes de vie des jeunes, la persévérance et la réussite scolaire, la place des jeunes dans le marché du travail, l’insertion socioéconomique ainsi que l’implication citoyenne des jeunes.

C’est aussi une occasion pour les CJE de lancer un cri d’alarme. En avril dernier, en même temps qu’il reconnaissait l’expertise des Carrefours jeunesse-emploi et soulignait l’importance de leur rôle, le gouvernement modifiait l’entente de financement avec eux afin qu’ils concentrent leurs services auprès des jeunes qui sont référés par Emploi Québec. Une situation qui force les CJE à délaisser la clientèle des jeunes travailleurs ou des étudiants.

« C’est important que les CJE demeurent accessibles. Depuis le 1er avril, il y a des gens à qui on est obligé de dire non », nous dit Sébastien Morin, directeur général du CJE Trois-Rivières/MRC des Chenaux. Ce qui aurait été le cas de Joanie Sutherland, ancienne participante du programme Jeune en Action qu’on a invité pour témoigner de son expérience avec le CJE.

La jeune femme de 23 ans raconte son parcours cahoteux entre décrochages et raccrochages infructueux, dans une période difficile de sa vie. Un chemin qui l’a tout de même menée au Carrefour jeunesse-emploi, la sortant de son marasme. « En quelques mois, j’ai vécu plein d’émotions », dit-elle. « On me traitait humainement. J’ai fini par croire que j’avais du potentiel ».

Maintenant diplômée du Cégep en bureautique, elle occupe un emploi intéressant et s’implique, notamment sur le conseil d’administration du CJE Trois-Rivières/MRC des Chenaux. « Le CJE m’a appris qui je suis. »

« Le témoignage nous fait prendre conscience à quel point le travail des CJE est important », concluait Alexandre Soulières, directeur général du Réseau des Carrefours jeunesse-emploi du Québec (RCJEQ). Il fait valoir que, bien plus que seulement se trouver un emploi, les CJE permettent aux jeunes d’être équipés pour se réaliser. « Il est important que chaque jeune trouve sa place dans la société ».