Blessures de nos ancêtres

Chronique Famille - édition de mars 2016

Je me demande si je suis la seule à observer cela chez mes enfants – la génétique est forte! Je constate que mes filles éprouvent les mêmes blessures que moi et que nous nous mettons à l’épreuve.

De plus, je vois des traits caractéristiques de parents défunts croître en elles – les gênes que nous transmettons à nos enfants sont empreints des générations passées. Je vois en ma plus jeune des traits de ma grand-mère maternelle, dans son rire, son physique et son regard coquin – bon, elle ressemble aussi à ma mère, donc on voit que nous avons aussi conservé ses traits.

C’est une belle façon de voir la vie comme étant éternelle, de voir les gens que nous aimons vivre à travers nos enfants. Maintenant, le point important est de laisser tomber les schèmes de pensées négatives, les croyances inutiles et les blessures ancrées par d’autres. Je travaille énormément sur moi ces temps-ci (eh bien depuis maintenant 5-6 ans) afin de léguer à mes filles l’importance de penser à soi en premier et avant tout!

Avant d’être leur mère, je suis aussi la fille des mes parents et la sœur de mes frères, je suis aussi une amie, une conjointe, une collègue, une collaboratrice – et oui, je peux maintenant dire que je suis aussi une femme, un être humain purement et simplement! Pendant trop longtemps, sans trop y penser et sans trop le savoir, je projetais à mes filles l’image de la mère forte, autosuffisante qui oublie ses besoins. C’est loin d’être le portrait que je voulais leur laisser…

Je veux qu’elles s’aiment comme elles sont, qu’elles sachent prendre position sur leurs valeurs et leurs principes, qu’elles défoncent les portes qui se ferment devant elles lorsqu’elles croient en quelque chose. Je veux qu’elles écoutent leur senti et leur intuition afin de prendre des décisions en lien avec leurs besoins! Je veux que leur priorité soit leur bonheur et que par celui-ci, elles puissent contaminer les autres (au lieu de passer le bonheur et le bien-être des autres avant le leur). En pensant à moi, en prenant du temps pour moi, je prends plaisir à voir mes filles s’exprimer davantage, devenir qui elles sont vraiment et écouter leur voix intérieure!

 

Par Anne-Marie Grondin