S’il n’y a plus rien qui te tente, tu as un problème

Dépistage de la dépression et de l’épuisement chez l’aidant

Le regroupement des aidants naturels de la Mauricie multiplie les occasions en ce début d’année de sortir de chez soi pour la peine. Bien qu’on soit pris parfois avec un grand nombre de tâches.

Charles Viau-Quesnel a prononcé une conférence qui avait deux titres : Le dépistage de la dépression et de l’épuisement chez l’aidant / Savoir reconnaître la détresse chez soi et chez nos proches.

Charles Viau-Quesnel a prononcé une conférence qui avait deux titres : Le dépistage de la dépression et de l’épuisement chez l’aidant / Savoir reconnaître la détresse chez soi et chez nos proches.

En tout cas, à la mi-janvier, l’organisme avait invité pour conférencier le psychologue (et professeur au département de psycho-éducation de l’UQTR) Charles Viau-Quesnel venu illustrer combien il est important de faire le plein ou de faire le vide (c’est selon) afin de s’assurer de ne point sombrer dans la dépression.

Les titres de sa conférence? Le dépistage, justement, de la dépression et de l’épuisement chez l’aidant / Savoir reconnaître la détresse chez soi et chez nos proches.

Monsieur Viau-Quesnel a d’abord vanté les qualités qu’il faut avoir ou acquérir pour être proche aidant en relevant par exemple le fait de devoir assurer le déplacement sécuritaire du malade de même que de s’occuper de la gestion de ses médicaments.

On peut aisément, croit-on, se culpabiliser si on est proche aidant parce qu’on se demande entre autres si on en fait suffisamment et si on est bien avisés, par exemple, de faire retirer son permis de conduire à l’aidé jugeant que cette personne n’en est plus apte. De même, invariablement, l’aidant se projette dans l’aidé, c’est-à-dire qu’on souffre littéralement à sa place bien souvent.

Par ailleurs, il faut savoir composer avec les humeurs et comportement pas toujours agréables de l’aidé. Est-ce qu’on en viendra à avoir un mauvais sommeil? C’est bien possible, n’est- ce pas…

Comme l’a dit une participante : « Le côté émotif épuise. Et puis, il faut aller cogner à des portes pour obtenir des services et il arrive inévitablement qu’on ne soit pas, au départ, dans la bonne case pour obtenir lesdits services. Ou du moins, il faut attendre… »

Certes, donc, il y a beaucoup de tracasserie, voire de la détresse…

Bien sûr, on va recommander au proche aidant – et c’est très important – de veiller à ce que son réseau d’amis et membres de sa famille ne soit jamais négligé.

Également, il faut savoir accepter ses limites.

Combien y a-t-il de cas où le proche aidant aura mis un peu de côté sa vie, ses rêves, ses ambitions et même certaines économies?

Bien sûr, on souhaiterait que le proche aidant ne s’oublie jamais…

Les signes à surveiller

Et voici les signes qui ne  trompent pas : s’il n’y a plus rien qui te tente, tu as un problème; si tu rencontres des fluctuations d’appétit, de poids; si tu dors mal; si tu passes par des phases d’agitation puis de ralentissement; si tu n’as plus d’énergie; si tu as du mal à te concentrer…

C’est tellement grave que certains en viennent à avoir des idées suicidaires, signale Monsieur Viau-Quesnel, qui affirme néanmoins que, bien sûr, la dépression se guérit.

Le message qu’on doit lancer aux aidants naturels, c’est de valoriser la tâche qu’ils remplissent, s’en faire une fierté comme ce l’est de toute façon !

C’est de valoriser ce dévouement, cette voie qui fait qu’on est utiles, compétents, appréciés, reconnus.

Il faut aussi savoir identifier ses forces mais également ses faiblesses, ses lacunes; là où il faut obtenir du support, de l’aide.

Le message, c’est de demeurer en contrôle; éviter de se sentir captif; essayer de prendre de la distance par rapport aux défis qui se posent; demander de l’aide; ne pas perdre le nord, compter sur son cercle d’amis, ses réseaux, pour avoir du support moral; manifester bien humblement son besoin de reconnaissance; exiger d’être appuyés; en somme, adopter une saine gestion de sa vie; faire de l’activité physique trois fois par semaine pendant 30 minutes; faire place à l’affection, à la tendresse, voire à l’intimité.

Le regroupement des aidants naturels de la Mauricie tient souvent des activités au Centre culturel Pauline-Julien de Cap-de-la-Madeleine. On s’informe en composant le 819 693-6072.

Charles Viau-Quesnel au Centre culturel Pauline-Julien de Cap-de-la-Madeleine.

Charles Viau-Quesnel au Centre culturel Pauline-Julien de Cap-de-la-Madeleine.