Aide sociale et assurance-emploi

Deux réformes, même logique et mêmes victimes

LogoMASSELe Mouvement d’Action Solidaire des Sans-Emploi (MASSE) des Chenaux et le Mouvement Action-Chômage (MAC) de Trois-Rivières confrontent le gouvernement du Québec à ses contradictions en lien avec les mesures et programmes de soutien aux personnes sans-emploi.

En 2012, la réforme du programme d’assurance-emploi du gouvernement Harper a été vivement contestée, notamment sur la notion d’emploi convenable qui avait pour effet de diviser les chômeurs en trois catégories auxquelles étaient associées un type d’emploi que le chômeur avait l’obligation de rechercher et d’accepter. Le gouvernement du Québec dirigé par le Parti libéral, avait alors adopté à l’unanimité une motion condamnant cette réforme.

« Aujourd’hui, les choses ont changé », souligne Catherine Gendron du MAC de Trois-Rivières. « Alors que du côté fédéral, le nouveau gouvernement libéral s’engage à abroger cette partie de la réforme, du côté provincial, on compte imposer à chaque nouveau demandeur d’aide de dernier recours un traitement tout aussi contraire au droit à la liberté de choisir son travail. »

Avec le programme Objectif Emploi avancé dans le projet de loi 70, le gouvernement du Québec prévoit obliger les primo demandeurs d’aide sociale à suivre une formation professionnelle.

Bien que l’on puisse voir cette obligation à la formation comme une mesure bénéfique, les organismes de défense des droits des sans-emploi y voient deux problèmes important. D’abord, le caractère obligatoire et punitif : à défaut de participer à une mesure d’employabilité, le chèque d’aide sociale sera coupé.

Ensuite, c’est le droit à la liberté de choisir son travail qui est compromis. Avoir accès à une formation à laquelle on a librement consenti peut être intéressant, voire souhaitable. Mais ils estiment que c’est autre chose si on choisit pour la personne en fonction des besoins du marché et non de ses intérêts, avec en plus l’obligation d’y participer.

Pour eux, alors que le gouvernement fédéral fait quelques pas dans la bonne direction, Québec doit être conséquent et suivre le pas en renonçant à son Programme objectif emploi.