Premier miel de fleurs d’asclépiade en Amérique

Les abeilles de la Ferme apicole Mékinac ont été si actives durant juillet ainsi qu’au début d’août que,  dès  le 16 août, on a pu goûter un premier miel entièrement de fleurs d’asclépiade.

Ce sont les ombelles roses de l’asclépiade (libres d’insecticide) qui procurent une bonne dose de nectar aux abeilles qui le transforment ensuite en miel.

miel-PHOTO-abeille-fleur--la-bonneDenis Gauthier, le copropriétaire de la Ferme Apicole Mékinac s’est dit ravi du rendement mellifère obtenu de la part des champs de soyer du Québec. « La densité de fleurs dans les champs de soyer est impressionnante, mes abeilles peuvent produire un miel très particulier dans des conditions idéales », a-t-il indiqué.

On a, de même, exposé que la collaboration entre les membres de la coopérative Monark et les apiculteurs s’avérait une alliance gagnante pour toutes les parties. D’un côté, les abeilles contribuent à la pollinisation des fleurs de soyer avec les autres insectes indigènes (dont le papillon monarque) favorisant ainsi une meilleure production de fibres pour l’industrie et, de l’autre, les apiculteurs obtiennent un excellent rendement pouvant atteindre de 400 à 500 kg de miel à l’hectare dans des champs à maturité.

« Les abeilles sont assurément un atout important pour les soyerculteurs, a confié Daniel Allard, président de la coopérative Monark. Comme le rendement mellifère comparativement aux autres cultures est attrayant et que le soyer se produit avec le souci de protection des insectes qui l’accompagne, le mariage ne peut pas faire autrement que se consommer! »

Le miel d’asclépiade sera disponible aux consommateurs dès le mois de septembre en quantité encore limitée, mais qui iront en augmentant avec le déploiement des cultures nécessaires à la filière de la Soie d’Amérique.

Notons que les abeilles permettent du coup d’optimiser la pollinisation des champs de soyerculteurs.

En fait, ici, l’alliance entre les apiculteurs et les membres de la coopérative Monark s’avère un autre atout qu’apporte la filière Soie d’Amérique pour la santé de la planète.

« Le bénéfice qu’apportent nos activités industrielles au papillon monarque est indéniable. Depuis les premiers ensemencements, les monarques sont au rendez-vous chez les soyerculteurs alors qu’on en trouve encore très peu ailleurs sur le territoire québécois. Maintenant ce sont les abeilles qui s’ajoutent à la liste des bénéficiaires de la filière », a indiqué François Simard, président de Industrie ENCORE 3 qui, on le sait à Saint-Tite, traite les fibres de l’asclépiade.

Pour sa part, la Coopérative Monark regroupe environ 80 fermes mandatées pour approvisionner l’industrie, une association qui permet la création d’une  nouvelle filière agroindustrielle innovante fondée sur des principes écologiques en pleine émergence; elle s’est donnée comme mission de procurer la formation, les outils et les services nécessaires aux agriculteurs et agricultrices afin de favoriser le développement d’une expertise unique au monde : la culture du soyer du Québec.

La Coop Monark regroupe la totalité des producteurs et productrices agricoles d’Amérique du Nord engagés dans cette nouvelle culture pour diversifier leurs activités tout en valorisant des terres jugées marginales. Aux 75 fermes ayant mis en culture le Soyer s’ajoute une trentaine sur la liste d’attente qui visent l’obtention d’un des contrats de 10 hectares.

Le nombre de contrats de production est établi à chaque année par le client, Industries ENCORE 3, qui représente à lui seul la demande de l’industrie.

Déjà 800 hectares de Soyer du Québec sont en culture; on prévoit ajouter quelques centaines d’hectares par année pour répondre aux besoins de la clientèle déjà identifiée.

Six chrysalides (branche régionale de la coop) ont été formées à travers le Québec ainsi qu’une au Vermont, établie en collaboration avec l’Université du Vermont, qui regroupe 5 producteurs.

Mais ce n’est pas tout

Mais ce n’est pas tout : la Garde côtière canadienne se met à l’essai, l’hiver prochain, de vêtements isolés avec les fibres de cette plante; un contrat de plus de 500 000 $ qui tombe dans les mains de Protec-Style, une division de Fibre Monark établie en Estrie.

Au programme : des gants, des mitaines, des manteaux, etc. On parle d’un contrat majeur; la commercialisation de l’asclépiade comme isolant pourrait prendre de grandes proportions ensuite.

Par Réjean Martin