Le MASSE des Chenaux dénonce l’injustice du projet de loi 70

La semaine dernière, le gouvernement a adopté le projet de loi 70, la « loi visant à permettre une meilleure adéquation entre la formation et l’emploi ainsi qu’à favoriser l’intégration en emploi ».

Mesure centrale de cette loi, le Programme Objectif emploi ne fait pas l’unanimité et il n’y a pas que les députés de Québec Solidaire qui ont réagi à l’adoption de ce projet de loi. C’est le cas notamment du Mouvement d’Action Solidaire des Sans-Emploi (MASSE) des Chenaux.

Martin Couture Pineau, président du MASSE des Chenaux.

Martin Couture Pineau, président du MASSE des Chenaux.

« C’est honteux que le gouvernement du Québec ait adopté, avec fierté, ce projet de loi et écrase de cette façon les personnes vulnérables. Les personnes à l’aide sociale ont des revenus tellement bas, qu’il leur est souvent difficile de manger 3 repas par jour. Alors, de les couper jusqu’à 224 $ et de les laisser avec seulement 399$ par mois, c’est carrément honteux de faire ça à ses concitoyens », dénonce Martin Couture-Pineau, président du MASSE des Chenaux.

C’est cette mesure coercitive qui touchera les nouveaux demandeurs d’aide sociale qui choque le plus les gens et les organismes qui oeuvrent auprès des assistés sociaux. En effet, le gouvernement mettra en place un programme d’intégration à l’emploi auquel les nouveaux demandeurs jugés aptes au travail devront s’inscrire. En cas de refus, les prestataires subiront des pénalités financières qui pourraient amputés leur allocation mensuelle de base, qui est de 623$, du tiers.

« La coupure maximale prévue par le gouvernement si une personne refuse ou a des difficultés de participation, est l’équivalent de 31 % de son revenu disponible, si on inclut les crédit d’impôt pour solidarité et celui de la TPS. C’est comme si on disait à un salarié qui a un revenu de 50 000 $ par an de remettre 15 400 $ pour un manquement qu’il aurait eu au travail », calcule le coordonnateur du MASSE, Pierre Blanchet.  « Si c’est inacceptable pour une personne qui a des revenus suffisants pour combler ces besoins essentiels, pourquoi serait-ce acceptable pour des personnes déjà bien en-dessous du seuil de la pauvreté? »

Le MASSE des Chenaux conclut qu’en adoptant le programme Objectif emploi qui prévoit laisser des gens avec un revenu insuffisant pour payer même seulement son loyer, le gouvernement ne respecte pas les droits humains qu’il a lui-même reconnu et qu’il se doit d’honorer.

Bien que la loi soit désormais adoptée, l’organisme et ses partenaires continueront à dénoncer ce programme et entend demeurer vigilant quant à son application, pour que soient repsectés les droits de tous les assistés sociaux et les personnes sans emploi.