Nos croyances encrées

La Chronique famille de novembre 2016

Comment trouvez-vous la réalité d’élever vos enfants aujourd’hui? Mon ostéopathe, lors de notre première visite avec bébé, m’a demandé comment s’était « élever un enfant ».

Pour ma part, je lui ai dit que pour moi, ça a toujours été facile, comme si on m’avait donné un manuel que j’aurais pu lire et enregistrer l’information et tout se passe à merveille. Je l’ai déjà mentionné, être mère est le domaine où je me sens le plus apte, le plus en contrôle, la plus douée.

Par contre, maintenant que j’élève un fils avec mes deux filles, je me vois découvrir le fameux monde « sexiste » en lien avec « l’élevage » des garçons et filles. C’est dur à imaginer tout ce que les gens peuvent penser, dire et imposer en ce sens. Mon conjoint qui me parle de ma « voix d’homme » lorsque j’ai eu mon extinction de voix (pourquoi serait-ce une voix d’homme? Elle est tout simplement rauque), ma plus vieille qui dit à son frère qu’il « chiale comme une fille » (être chialeux est un trait de personnalité dont même les gars peuvent hériter) et que dire des gens qui parlent de tracteurs et autres machineries lourdes (mes filles aimaient bien cela aussi, encore une fois, une imposition faite par les parents).

Je peux déjà vous dire que mon fils pourra jouer avec des poupées, qu’il peut porter du rose (le saumon et violet lui va à merveille avec son teint de blond) et je veillerai à conserver son dosage de violence à un minimum dans sa jeunesse (on permet aux garçons d’être plus violent tout simplement parce qu’on se dit que c’est normal, ces croyances sont exclues de mes pensées). Il est déjà attentionné, doux, charmant et adore lorsque l’on chante pour lui – la personnalité se forme et nous tenterons de le laisser être ce qu’il est et non ce que la société veut qu’il soit.

Ma plus vieille aime le football et les sports en général et je leur ai laissé la chance de pouvoir jouer en robe de princesse même dans la boue (au grand dam de plusieurs). Il est important de laisser nos enfants ÊTRE: pourquoi les mettre dans des moules et se laisser croire qu’un comportement est « normal » en lien avec leur sexe – ce qui est inacceptable, ÊTRE SOI peu importe, tout comme l’amour inconditionnel que nous avons pour nos enfants – je suis full love, même avec un troisième enfant, je peux les aimer entièrement, chacun autant que l’autre et toujours plus! J’adore être mère, surtout d’enfants aussi extraordinaires. Je me sens choyée qu’ils m’aient choisie comme leur mère!

 

Par Anne-Marie Grondin