Au jour le jour

entete-jspaOn y penserait peut-être pas, mais être proche aidant, c’est aussi parfois s’occuper de son enfant. Parce que quand son enfant a des besoins particuliers, ce peut être épuisant pour les parents et, bien que cela semble « naturel », ça ne signifie pas que ces parents n’ont pas besoin d’aide.

ginette-cossetteAinsi, Ginette Cossette est bien une proche aidante. « Je n’ai pas eu le choix, parce que ma fille Danie est venue au monde comme ça ».

Danie est née avec une déficience intellectuelle.

« Quand elle est venue au monde, je ne voyais pas la différence ». C’est la mère de Ginette qui a vu une différence entre Danie et sa cousine, née trois jours plus tard, amenant Ginette à consulter pour finalement avoir le diagnostic.

S’en est suivi, plusieurs séjours dans les hôpitaux de Trois-Rivières ou Montréal. Surtout parce que, en plus de la déficience, Danie avait des problèmes au niveau de sa coordination étant atteinte de strabisme. Elle a dû avoir plusieurs opérations dans son enfance.

Mais Ginette n’était pas découragée pour autant. « Je ne suis pas une femme qui va s’arrêter pour se plaindre. Je vis au jour le jour… Chaque situation vient en temps. J’essaie de la régler le mieux que je peux et après on passe à autre chose ».

Pour elle c’est tout simple en fait. « J’essaie qu’elle soit très heureuse ».

Tout de même, Ginette n’a jamais été toute seule pour s’occuper de sa fille, elle a toujours été bien entourée. Après avoir fait sa maternelle à l’école de Sainte-Anne-de-la- Pérade, Danie est entrée dans une école spécialisée et c’est à partir de là qu’elle a pu avoir différents services.

Danie aime bien travailler dans ses cahiers de français avec l’aide de sa mère.

Danie aime bien travailler dans ses cahiers de français avec l’aide de sa mère.

Aujourd’hui, Danie a 43 ans. Ça fait donc une vingtaine d’années qu’elle est sortie du système scolaire, la prise en charge par l’école se faisant jusqu’à 21 ans. « Il y a l’APeVAH qui m’aide beaucoup avec ses ateliers. Parce que c’est sûr qu’on a besoin d’un petit répit ».

Danie fréquente les ateliers de l’Association des personnes vivant avec un handicap (APeVAH) des Chenaux, à l’école secondaire Le Tremplin, à raison de quatre jours par semaine. « Des fois, je vais coucher à Grandi-Ose, pour donner les répits à maman », ajoute Danie. Située à Trois-Rivières, la maison Grandi-Ose est un Centre de loisirs adaptés qui permet d’offrir du répit. Danie aime beaucoup y passer la fin de semaine avec ses amis.

La sœur de Danie s’en occupe aussi beaucoup, la prenant la fin de semaine ou l’emmenant au cinéma, par exemple.

Ainsi, avec la famille, l’APeVAH, les intervenants, une ergothérapeute qui fournit aide et conseils pour que Danie devienne plus autonome, Ginette et sa fille son bien entourées. Elles vivent très bien et Ginette n’en demande pas davantage.

Quant à savoir si elle pense à ce qui se passera lorsqu’elle sera plus âgée, elle fait confiance à la vie. « En étant proche aidant, il ne faut pas non plus se casser la tête et puis avoir peur. On en a assez comme ça à supporter. Parce qu’il faut penser à notre santé aussi », estime Ginette. « Je suis pas mal chrétienne et je crois que Dieu est là et qu’il va m’aider à faire le cheminement ».

Elle est confiante également en pensant au projet de l’APeVAH de construire une maison adaptée pour sa clientèle et peut-être aussi leurs aidants. Ce serait un milieu de vie stimulant et sécurisant où chacun y aurait sa place et pourrait participer à la mesure de ses capacités à la vie quotidienne. « Danie pourrait s’occuper, aider à faire à manger. C’est sûr qu’il y aurait quelqu’un pour surveiller 24 heures sur 24 ».

« Ce projet-là va faire que Danie va être bien après… »

 

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