Proche aidante… vraiment?

entete-jspaSi on demande à Irène Cossette Gervais si elle est une proche aidante, elle répond par la négative. « Je trouve que j’en fais pas tant que ça ».

IrèneCossetteGervaisÇa fait maintenant six ans qu’elle habite à la Villa Saint-Narcisse et elle est toujours aux petits soins avec ses voisins et voisines.

« Le matin on va au déjeuner, je passe le café… je leur demande : as-tu besoin de ci, de ça? Quand une personne a des besoins, je vais l’aider. Pour moi c’est normal. Je suis capable. Je suis en santé… pour tout de suite ».

Mme Gervais a à cœur que tout le monde soit heureux. Que ce soit en poussant la chansonnette ou en racontant des histoires, « toutes sortes d’histoires », ajoute-t-elle. Elle va trouver quelqu’un pour accompagner au piano et rassemble ses amis pour chanter. Elle met de l’animation.

« Mon père disait toujours : rendez-vous utile. J’aime ça et ils ont l’air d’aimer ça. On forme une famille ici ».

Voilà! Pour elle il n’y a rien de plus naturel. Elle aime avoir du plaisir après tout.

Aussi parfois, elle amène ses voisins et voisines pour marcher, sortir dans le parc. Il y en a certains qui sortent peu sinon, ayant souvent de la difficulté à marcher. Mme Gervais les aide à se déplacer, monter en voiture, toutes sortes de petits gestes qui peuvent faire toute une différence, surtout pour des personnes qui sont portées à s’isoler.

Elle-même est toujours très active, s’impliquant dans les associations de sa municipalité, comme l’Aféas ou au sein  de la chorale.

Il faut savoir que si Mme Gervais et son mari ont quitté leur maison pour s’installer à la Villa Saint-Narcisse, ce n’était pas obligation, mais plutôt pour « continuer à bien vieillir ».

« Mon mari filait bien dans ce temps-là ».

Pour une pneumonie, M. Cossette a dû être hospitalisé pendant deux mois. De retour à la maison, sa santé avait beaucoup périclitée et Mme Gervais a pris soin de lui jusqu’à ce qu’on lui fasse comprendre que c’était beaucoup trop pour elle. « Avant, on sortait, on faisait des petits voyages. La maladie à tout stoppé ça ».

Pendant un temps, il était au Centre d’hébergement de Sainte-Anne-de-la-Pérade où Irène allait le voir régulièrement et le voyageait pour qu’il sorte. Puis, elle a obtenu qu’il soit transféré, en 2014, au Centre d’accueil de Saint-Narcisse, plus près d’elle.

Il y était très bien entouré et soigné. Mme Gervais n’a que de bons mots à l’endroit du personnel de l’établissement où elle visitait son mari. « J’y allais deux fois par semaine. Ça me faisait plaisir… »

Mais son état s’est tout de même aggravé. « Un moment donné il était plus capable de marcher. Avant on allait se promener dans le parc du centre d’accueil, se balancer. On chantait des chansons ». M. Georges Cossette est décédé le 20 octobre dernier.

Mme Gervais est bien heureuse d’avoir eu ses enfants pour la supporter, notamment avec la paperasserie. Ils sont toujours très près d’elle et sont aux petits soins avec leur mère.

Le jour où nous avons rencontrés Mme Irène Cossette Gervais était le jour de l’anniversaire de son mari. Moment propice s’il en est pour évoquer des souvenirs.

Il lui revient que, un mois avant de se marier il y a maintenant 64 ans, M. Cossette a annoncé à sa future épouse que son grand-père aller habiter avec eux. Elle s’est donc occuper du patriarche, même si elle nous dit que ce n’était pas tellement de « troubles ».

De fil en aiguille, elle nous parle aussi de sa sœur Rita qui est décédée d’un cancer à l’âge de 45 ans, laissant 7 ou 8 enfants à la charge de son mari qui n’était pas très habitué. Elle était très proche de sa sœur et a offert son aide au mari pour alléger son fardeau de temps en temps. « Je l’ai bien aidé et je suis bien contente de l’avoir fait ».

Même après notre discussion, Irène Cossette Gervais reste surprise qu’on la dise proche aidante.

Allons-y donc d’une définition : un proche aidant prend soin d’une personne présentant une perte d’autonomie due entre autres, au processus de vieillissement, à une maladie ou à un handicap physique. Il peut s’agir d’un conjoint, un parent ou autre membre de la famille, un voisin ou un ami.

Et puis…?

Ce n’est pas parce que c’est naturel que ce n’est pas exceptionnel pour autant!

 

Vous pouvez visionner l’entrevue avec Mme Cossette Gervais sur la page Facebook de Proches Aidants des Chenaux.

 

jspa-appui