Accepter et s’adapter

entete-jspaPour Jean-Pierre Lefebvre, aider son prochain fait partie de la normalité. Il estime que ce devrait être tout à fait naturel, comme ça semblait l’être dans sa jeunesse.

Jean-Pierre-Lefebvre« On a été élevé en campagne. Tout le monde s’entraidait. Arrivés en ville, c’était plus dur ». Une manière de vivre qu’il a retrouvée quand il a travaillé dans le Nord, pendant environ 10 ans. « Tout le monde s’aidait parce que c’était loin des familles. On rendait service, pas pour recevoir après. Mais on savait que si on avait besoin à notre tour… Je l’ai toujours vécu comme ça. »

Il le fait toujours, notamment avec le Centre d’action bénévole de la Moraine, pour qui il fait de l’accompagnement-transport depuis environ 8 ans. « On en fait presqu’à tous les jours. Beaucoup ont besoin pour aller voir leur médecin ».

Aider son prochain, disions-nous…

L’étiquette de proche aidant lui a été accolée plus tard, quand sa femme a reçu son diagnostic : un début de maladie d’Alzheimer. Il y a quatre ans.

Aline a trouvé ça difficile à prendre au début, mais maintenant elle a accepté sa condition. « C’est frustrant, mais disons que ça ne m’empêche pas de vivre », dit-elle. Je n’y peux rien, ça ne se soigne pas ». Elle prend des médicaments qui permettent de contrôler la progression de la maladie. « Tant que ça va rester comme ça, je vais me souvenir de mon nom, du nom de mon mari pis de mes enfants. C’est le principal ».

Jean-Pierre Lefebvre et son épouse Aline Lessard.

Jean-Pierre Lefebvre et son épouse Aline Lessard.

La révolte ne mène nulle part, elle l’a compris tout autant que son mari. « C’est une autre manière de vivre », dit Jean-Pierre. « Ça ne donne rien de se battre contre, c’est un combat perdu d’avance. Il faut apprendre à vivre avec ».

« Au lieu de se révolter, on essaie de s’adapter. Quand ça devient trop dur on essaie de se changer les idées ».

Bien sûr, c’est certain qu’il doit faire plus de choses, assumer des tâches qu’il ne faisait pas avant, mais ça s’est fait petit à petit et tout à fait naturellement. « Quand le besoin se fait sentir, on le fait. Sans trop, trop s’en apercevoir. Pour moi c’est comme ça ».

C’est la même chose avec sa mère, dont il s’occupe aussi. À 92 ans, elle est encore très en forme et en santé, mais il va souvent la voir, la faire sortir, la conduire à ses rendez-vous.

Pour lui, et que ce soit pour sa femme ou pour sa mère, il est important de ne pas en faire trop non plus, pour préserver l’autonomie le plus longtemps possible. « Parce que plus tu en fais, moins ils en font et moins ils seront capables d’en faire ».

Impliqué depuis bien des années, d’abord au comité des usagers du Centre d’accueil et maintenant au comité des résidents, il est dans un milieu qui lui permet de se tenir informé des bonnes pratiques, notamment en ce qui a trait aux soins pour les personnes en perte d’autonomie. Une bonne source d’informations qu’il complète souvent par différentes lectures sur internet ou dans des revues.

On comprend qu’il n’hésite pas à faire appel aux ressources disponibles, que ce soit pour l’information ou même les repas, car ils sont très heureux de recevoir parfois des petits plats de leur fille ou bien de compléter le menu de la semaine avec le service de popote roulante.

Pour bien vivre dans une situation comme la leur, Jean-Pierre et Aline l’ont compris : il faut accepter et s’adapter…

 

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