Échos du temps des fêtes d’antan

La Chronique historique de Noël 2017

Pour ma chronique du temps des fêtes, j’ai feuilleté des éditions du journal trifluvien Le Bien Public publiées entre 1909 et 1913. À cette époque, le journal contient une section « Courriers » qui rapporte les derniers événements des campagnes et des villages des environs de Trois-Rivières. Qu’est-ce que ces courtes correspondances nous apprennent sur les activités du temps des fêtes dans le comté de Champlain au début du 20e siècle?

Outre la messe de minuit, le temps des fêtes est l’occasion d’organiser des spectacles, comme la soirée dramatique et musicale présentée par les élèves du couvent de Saint-Stanislas le 27 décembre 1912. Les soirées de cartes sont également très populaires. En 1913, lors des fêtes du jour de l’an, Flavien Lapointe organise à Saint-Maurice une soirée de euchre à laquelle participent des gens de la paroisse, mais aussi de Montréal, Shawinigan, Batiscan et Grand-Mère.

Cette période de l’année marque également le retour des activités hivernales. Sur le bord du fleuve, on surveille l’arrivée des petits poissons. Comme quoi ce n’était pas toujours mieux dans le temps, le correspondant de Champlain rapporte le 9 janvier 1913 que la petite morue est difficile à prendre parce que la pluie a fait fondre la glace sur le fleuve. Le hockey est une autre activité populaire qui nécessite de la glace. Le 31 décembre 1909, le journal décrit la victoire du club amateur de Sainte-Anne-de-la-Pérade contre les Voltigeurs de Saint-Casimir, une équipe qui compte dans ses rangs quelques joueurs des Bulldogs de Québec.

Enfin, plusieurs hommes travaillant à l’extérieur profitent des festivités pour rendre visite à leurs parents et leurs amis. À Saint-Stanislas, des bûcherons rentrent des chantiers. Signe de leur éloignement, on souligne qu’ils se rapprochent ainsi des sacrements. À Champlain, les navigateurs sont de retour pour l’hiver. En prévision du long congé hivernal, ils forment en décembre 1912 un club de billard.

Joyeux temps des fêtes

 

Par François Antaya
Historien