Un Antaya à Sainte-Anne-de-la-Pérade

Chronique historique de février 2018

Lorsque je suis arrivé à Sainte-Anne-de-la-Pérade il y a environ dix ans, je croyais bien être le premier membre de la famille Antaya à s’y installer. Aiguillé par un passionné de l’histoire péradienne, j’ai découvert cet automne que j’avais été précédé d’environ 180 ans par un autre spécimen de mon espèce.

Le 22 septembre 1840, Jacques Antailla Pelletier épouse Zoé Gouin à Sainte-Anne-de-la-Pérade. Difficile de savoir s’il est immédiatement déménagé dans la paroisse de son épouse, mais environ quatre ans plus tard le couple y fait baptiser son fils, Jacques, qui se fera aussi appeler James. Malheureusement pour celui-ci, son père décède moins d’un an après sa naissance, à l’âge de 37 ans.

Suite au décès de Jacques Antailla Pelletier, qu’advient-il de son épouse et de son fils? Au recensement du Bas-Canada de 1851, ils sont toujours à Sainte-Anne-de-la-Pérade, mais il n’est pas certain qu’ils vivent ensemble. Dix ans plus tard, on les retrouve chez la soeur de Zoé, Sophie Éloïse Gouin. Mariée à George McIntosh Ross, elle est la mère de John Jones Ross, médecin et futur premier ministre de la province de Québec. En 1871, Jacques est désormais orphelin. Âgé de 26 ans, il réside avec son cousin et pratique comme lui la médecine. Contrairement à son père, il n’utilise pas le patronyme Antaya.

Suis-je apparenté au docteur Pelletier? Oui, mais de loin. Tous les Antaya ont un ancêtre commun : François Pelletier dit Antaya, arrivé en Nouvelle-France en 1636. Nos lignées respectives bifurquent toutefois dès la génération des petits-enfants de François. Contrairement à mon ancêtre qui est demeuré à Sorel, celui du docteur Pelletier s’est installé à Nicolet. Trois générations plus tard, son père y est né. Si on se fie à son acte de mariage, ce n’est toutefois pas de Nicolet que Jacques Antailla Pelletier est parti pour s’installer à Sainte-Anne-de-la-Pérade, mais de Sorel où il était marchand.

 

Par François Antaya
Historien