La tannerie Richardson & Sons

Chronique historique d'avril 2018

Au recensement du Canada de 1871, la jeune municipalité de Saint-Luc totalise 734 habitants répartis dans 123 ménages. Quoique la grande majorité des chefs de famille et des hommes se déclarent cultivateurs, la tannerie Richardson & Sons y emploie une cinquantaine d’hommes de plus de 16 ans. Située sur le bord de la rivière Champlain, l’entreprise occupe alors la plus grande propriété de la municipalité.

 Installé à Saint-Luc avec son épouse et ses sept enfants âgés de 1 à 18 ans, Thomas A. Richardson possède des terrains totalisant 470 arpents. Outre deux bâtiments industriels, sa propriété compte 2 maisons et 5 bâtiments agricoles (granges, écuries). Selon le recensement, aucune partie de sa terre n’est mise en valeur, mais près de trente arpents sont en foin, sûrement pour nourrir les treize chevaux qu’il emploie à la tannerie.

 D’après un court texte du Journal des Trois-Rivières publié en 1867, la tannerie Richardson & Sons fonctionne à plein régime. Elle achèterait de grandes quantités d’écorce de pruche aux habitants de Mont-Carmel et l’écoulement de sa production amènerait le vapeur Columbia à s’arrêter tous les samedis matin d’été au quai de Champlain. Au recensement de 1871, l’entreprise déclare avoir produit 34 000 semelles de cuir durant l’année.

 Or, Le Constitutionnel du 14 juin 1872 nous apprend que la tannerie de Saint-Luc est maintenant fermée. Reprenant un texte du Courrier de Saint-Hyacinthe, le journal trifluvien annonce que les Richardson seraient en train de bâtir une nouvelle tannerie à Warwick, dans le comté d’Arthabaska. Selon le Constitutionnel, les dernières élections municipale auraient, entre autres événements, décidées M. Richardson « à employer son énergie ailleurs, à trouver une place où son esprit d’entreprise ne lui serait point reproché comme un crime ».