L’éboulement de la rivière Champlain

Chronique historique de mai 2018

En feuilletant le « Dénombrement des morts des douze derniers mois » dans le recensement du Canada de 1871, j’ai été frappé par le décès de trois femmes et d’une jeune fille de Sainte-Geneviève-de-Batiscan. Selon le document, Alvina, Delima, Cristine et Tarsile Lahaie seraient mortes « par accident » en octobre 1870. Intrigué, j’ai cherché à mieux connaître les circonstances de leurs décès.

Les registres de la paroisse de Sainte-Geneviève-de-Batiscan confirment qu’elles seraient décédées « accidentellement » et précisent que l’événement serait survenu le 25 octobre. La cause de leur décès est ici confirmée par le verdict du coroner Valère Guillet. Les quatre actes de sépulture révèlent qu’Alvina Lahaie, âgée de cinq ans, était la fille de Rose de Lima Thiffault (Delima Lahaie), et que Christine, 40 ans, et Tharsile, 34 ans, étaient les filles de Maurice Lahaie et Julie Massicotte.

Le 26 octobre, Le Constitutionnel rapporte que les quatre victimes se trouvaient dans la maison de Maurice Lahaie lorsqu’elle a été engloutie par un éboulement sur la rivière Champlain. Le journal trifluvien nous apprend aussi que Rose de Lima Thiffault était l’épouse d’un des fils de Maurice Lahaie. Le lendemain, Le Journal des Trois-Rivières donne plus de détails sur l’accident et précise que huit personnes se trouvaient dans la maison au moment de la catastrophe.

Dans le même texte, Le Journal des Trois-Rivières avance que l’éboulement aurait pu être causé par un récent tremblement de terre. Centré près de Baie-Saint-Paul, le séisme du 20 octobre avait causé des dégâts dans le comté de Champlain, abîmant entre autres la façade de l’église de Saint-Prosper. Chez Maurice Lahaie, la tête de la cheminée était tombée et la terre derrière la maison s’était ouverte. Craignant depuis ce temps un désastre, ses craintes se sont malheureusement confirmées le 25 octobre vers 14 heures.

 

Par François Antaya