Questions aux maires de la MRC des Chenaux

À l’aube des élections provinciales

Durant la campagne électorale provinciale les candidats des différents partis vont à la rencontre des citoyens et des élus de notre territoire. Bien sûr, plusieurs avaient déjà rencontré les maires de nos municipalités avant le déclenchement de la campagne afin de bien connaître les enjeux, les dossiers qui les préoccupent. 

Nous avons nous-même demandé à nos élus quelles étaient les projets et les dossiers qui étaient importants pour leur municipalité, dont le prochain gouvernement devrait tenir compte. Aussi, nous avons voulu savoir quels pouvoirs devraient être consentis au palier municipal, quels gains en matière d’autonomie serait-on en droit de s’attendre. 

On s’en doute, la voierie locale occupe une place importante dans les préoccupations des élus municipaux. Plus précisément, à Champlain, c’est le rang Sainte-Marie qu’on aimerait voir refaire vu l’importance de cette voie d’accès. « C’est une route qui donne accès à des services importants qui sont à Sainte-Geneviève-de-Batiscan, comme l’école secondaire ou le Centre de santé », nous dit Guy Simon.

À Sainte-Geneviève-de-Batiscan, c’est la route 361 (rang Sud) qui est prioritaire, et depuis longtemps. « Il faut redessiner complètement la route. Ça fait 20 ans qu’on demande d’enlever des courbes », explique le maire Christian Gendron. Il estime qu’il ne faut pas attendre d’avoir des accidents majeurs avant d’agir. Par ailleurs, ces travaux seraient prévus au budget du ministère des Transports pour 2019-2020.

La plupart des maires s’entendent pour dire qu’il important que le gouvernement maintienne les programmes d’aide financière pour l’entretien du réseau routier. Les travaux s’élevant à des montants de plus en plus importants, l’aide provinciale est essentielle.

Ce doit être le cas aussi des programmes pour les travaux d’assainissement des eaux ou d’aqueduc. Bien que plusieurs chantiers en ce sens aient été réalisés à plusieurs endroits, il reste des dossiers en cours ou à prévoir, notamment à Saint-Stanislas, à Champlain ou à Saint-Luc-de-Vincennes.

Les infrastructures municipales sont également dans les pensées des élus, même si ce n’est pas toujours à court terme. Par exemple, à Sainte-Anne-de-la-Pérade, bien que plusieurs projets d’infrastructures aient été réalisés récemment, le man- que d’espace dans le garage municipal devra bien trouver une solution. Ce sera à prévoir.

En termes d’infrastructures, le maire de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, Luc Dostaler, voit venir des projets pour répondre à une population grandissante. D’ailleurs, au cœur des préoccupations, il y a bien sûr l’agrandissement de l’école primaire. L’annonce a déjà été faite, mais on espère que les travaux auront lieu dans les meilleurs délais. « On a eu un bel engagement pour l’agrandissement de notre école et on tient vraiment à le voir se réaliser », nous confirme-t-il.

Les télécommunications sont aussi un sujet important dans la MRC des Chenaux. Le dossier de la fibre optique en est un important « Il faut que ça débloque », dit Diane Aubut. « C’est certain qu’on va le faire, mais il nous faut l’aide financière ».

À Saint-Narcisse, où la qualité du signal cellulaire est un enjeu quotidien, le maire Guy Veillette s’impatiente. « Les entreprises de télécommunication font la sourde oreille. Ça prend une intervention politique ».

Un gouvernement de proximité

Au regard des responsabilités qui incombent aux administrations municipales, et qui ont augmentées depuis quelques années, nos élus semblent d’accord pour dire que l’augmentation des pouvoirs ne s’est pas fait au même rythme.

« Je ne suis pas certain qu’on a notre juste part de l’assiette fiscale », nous dit Luc Dostaler. « Il faudrait s’assurer d’un partage plus juste des revenus (taxes). Il devrait y avoir des engagements à long terme là-dessus ».

Au-delà de la question financière, il y a aussi le pouvoir décisionnel. Ils s’entendent pour dire qu’ils mériteraient d’avoir les coudées plus franches.

« Il faudrait qu’on nous donne plus de pouvoir de décision par rapport au financement des travaux routiers », estime la mairesse Diane Aubut. « C’est eux (le ministère des Transports) qui nous disent ce qu’on doit faire, alors qu’on aurait peut- être d’autres priorités que les leurs ».

Plus de marge de manœuvre aussi lors de la réalisation des travaux. « Lorsqu’on a un projet subventionné, on ne peut pas utiliser nos ressources, il faut absolument donner à contrat », explique Guy Simon.

« On a déjà démontré qu’en faisant certains travaux nous-mêmes, ce serait moins cher en bout de ligne ».

Bien sûr, des allègements ont été fait par le passé, notamment au niveau de la Loi 122 qui permet aux municipalités de donner des contrats de gré à gré jusqu’à 100 000 $ (plutôt que 25 000 $), mais on dit que ce n’est pas suffisant. Les démarches à faire sont toujours aussi complexes et nombre de règles devraient aussi être assouplies.

Bien sûr tous sont d’avis qu’on doit agir selon des règles, mais quand la complexité de leur application devient un sérieux frein, on estime qu’il doit y avoir des changements. « Il y a parfois des aberrations. Il faut repenser les CPTAQ, le ministère de l’Environnement et autres », croit Guy Veillette. « On ne veut pas saccager nos territoires, on veut les améliorer ».

Les municipalités sont des gouvernements de proximité et elles méritent d’avoir les moyens de leurs ambitions.

« Le travail d’une municipalité va plus loin que les égouts et l’aqueduc. On fait du développement touristique, des loisirs, de la culture, etc. », dit Diane Aubut.

Ce sont autant d’aspects qui devraient être soutenus par le gouvernement. Et c’est encore plus vrai pour nos communautés rurales où l’on a parfois l’impression d’être un peu laissés pour compte, notamment à cause de la centralisation.

Guy Veillette s’inquiète d’une certaine fuite des services vers les centres urbains, où la population est bien sûr plus nombreuse. « Il faut que les services directs aux citoyens soient maintenus. Il devrait y avoir une décentralisation, minimalement à la MRC », soutient-il.

Bien entendu, il ne s’agit là que de quelques éléments, quelques dossiers qui touchent nos communautés et préoccupent nos élus. D’autres sujets ont été aussi abordés, du parc industriel régional à Champlain au sous-financement du Centre d’action bénévole de la Moraine, en passant par la fusion des services entre les municipalités.

Ce qui compte le plus pour eux, c’est de pouvoir compter sur le gouvernement comme partenaire pour travailler au service des citoyens.

 

NOTE DE LA RÉDACTION : Tous les maires se sont prêtés de bonne grâce à l’exercice, mais les maires de Batiscan, Saint-Maurice et Saint-Prosper n’ont pu être rejoints à temps au moment de produire ce reportage.

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