Tenter sa chance aux États

Chronique historique d'octobre 2018

Après m’être intéressé le mois dernier aux Québécois qui ont été attirés par les Prairies canadiennes au début du XXe siècle, j’ai porté ce mois-ci mon attention sur ceux qui ont tenté leur chance aux États-Unis à la même époque. D’après les historiens Yves Roby et Yves Frenette, environ 900 000 Canadiens français ont migré aux États-Unis entre 1840 et 1930. À ce sujet, le recensement canadien de 1911 permet de retracer quelques familles qui ont fait l’aller-retour entre la belle province et le voisin du sud.

Âgé de six ans en 1911, Anna Pothier, de Mont-Carmel, serait née aux États-Unis en 1905. Fille d’Albert et Léa Pothier, elle n’a alors probablement passé que peu de temps en sol américain puisque ses petits frères Léon et Arthur auraient vu le jour au Québec, en 1908 et 1910. Quatrième enfant de la famille, la naissance d’Anna aux États-Unis constitue un bon indice que ses parents auraient déménagé leur famille au sud de la frontière pour tenter d’améliorer leur sort… avant de revenir à Mont-Carmel.

Reste à découvrir ce qui a poussé Albert et Léa Pothier à quitter le Québec, où leurs trois premiers enfants sont nés? Fils de cultivateur, Albert Pothier se déclare ouvrier mineur au recensement de 1901. Est-ce que l’épuisement des gisements de fer à Mont-Carmel au début du XXe siècle l’aurait poussé à tenter sa chance aux États-Unis? Est-ce que son retour à Mont-Carmel, où il serait cultivateur et charpentier en 1911, a été définitif?

Quoiqu’il en soit, la décennie 1901-1911 semble marquée par de grands changements dans la famille Pothier. Alors qu’Albert et Léa habitait avec les parents de celui-ci en 1901, c’est désormais le frère d’Albert, veuf et père de huit enfants, qui, en 1911, habite avec leur père et leur mère.

 

Par François Antaya
Historien

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