Créer de la richesse en éliminant la pauvreté

À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté (JIEP), des personnes en situation de pauvreté de la MRC des Chenaux ont exprimé comment elles pourraient contribuer davantage à la société, si elles ne vivaient plus dans la pauvreté. Une occasion qui leur a été offerte lors d’une activité organisée à Saint-Narcisse par le Fonds Communautaire des Chenaux et le Mouvement d’Action Solidaire des Sans-Emploi (MASSE) des Chenaux.

« J’aurais les moyens de retourner aux études et d’avoir un bon emploi ». « Je serais moins malade, moins inquiet ». « Je pourrais étudier à temps partiel, car ma maladie mentale, ne me permet pas plus. Et, par la suite, avoir un emploi à temps partiel. À l’aide sociale, on me propose seulement des cheminements à temps complet, qui font que j’échoue à chaque fois. Mon estime de moi et ma confiance en prennent un coup et la pauvreté dans laquelle je vis, ne m’aide pas du tout à améliorer ma santé mentale. » Voilà quelques-uns des témoignages qui ont recueillis.

Au terme de cette activité, les participants ont rempli et signé un chèque symbolique au montant de 22 285$, soit le revenu minimal pour qu’une personne seule puisse se sortir de la pauvreté, selon l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques du Québec (IRIS). Cela symbolise la demande que les participants entendent transmettre au gouvernement pour arriver à se sortir de la pauvreté.

Actuellement, une personne seule qui vit de l’aide sociale reçoit annuellement un montant de 9 000 $ en moyenne environ, en incluant les remboursements de taxes. « Dans la dernière campagne électorale, tous les partis ont parlé de l’importance de l’économie. Mais, ils oublient trop souvent que la pauvreté nuit énormément à l’économie, entre autres, parce que les personnes qui la vivent ne peuvent pas contribuer pleinement à la société puisqu’elles sont constamment préoccupées par leur situation financière et à chercher à combler leurs besoins de base (nourriture, etc.). Les gouvernements continuent de faire des petites actions contre la pauvreté, mais ne travaillent pas suffisamment sur ses causes », selon Geneviève Paré, du Fonds communautaire des Chenaux.

Des coûts sociaux

Une situation financière précaire est un des facteurs de stress les plus importants qui peut entraîner à moyen ou long terme une détérioration de l’état de santé. Le Centre d’étude sur la pauvreté et l’exclusion évalue à 17 milliards de dollars par an, les coûts de la pauvreté au Québec. De plus, il est impératif de considérer que le stress et la honte de ne pas pouvoir combler ses besoins de base sont des obstacles majeurs à l’intégration sociale. Obstacles auxquels il faut ajouter l’isolement et l’accroissement des maladies physiques et mentales.

C’est pour dénoncer la pauvreté et ses conséquences, défendre le droit à la dignité, permettre aux personnes en situation de pauvreté de s’exprimer sur leur vécu et exiger des changements qui élimineraient la pauvreté que Le Fonds communautaire et le MASSE des Chenaux organisent cette journée riche de sens. Comme le disaient des participants, « les personnes en situation de pauvreté peuvent enrichir la société. Il faut juste leur en donner les moyens ».

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