Une élection d’antan

Chronique historique- décembre 2018

Le 6 décembre 1921, c’est jour d’élection au Canada. Pour l’occasion, Le Nouvelliste invite les Trifluviens à se réunir le soir même devant ses bureaux de la rue du Platon pour connaître les résultats dans l’ensemble du pays. Grâce à la collaboration d’autres journaux canadiens, le journal prévoit être rapidement informé des résultats, soit par téléphone soit par télégraphe. Espérant attirer une foule nombreuse, il projettera les résultats des élections « sur un écran lumineux ».

Le lendemain, Le Nouvelliste annonce la victoire des Libéraux après une dizaine d’années de gouvernement Conservateur et souligne avoir attiré environ 2000 personnes devant ses bureaux. Alors qu’il prévoyait faire les premières annonces aux alentours de 19h, des résultats des Maritimes lui sont parvenus dès 17h45. Si l’on se fie à sa description du rassemblement, la foule se composait surtout de partisans libéraux. Il faut dire que l’élection fait suite à la crise de la conscription et que le parti dirigé par William Lyon Mackenzie King a remporté tous les sièges au Québec. Dans ces conditions, on comprend que les partisans conservateurs aient été discrets lors de ce rassemblement.

L’annonce de la victoire du parti Libéral à Trois-Rivières, ainsi que dans les circonscriptions de Champlain et Nicolet ont donc été accueillies « avec enthousiasme ». Dans Champlain, Arthur Lesieur Desaulniers a été élu une deuxième fois. Marchand, notamment de ferronnerie, il a auparavant été maire de la municipalité de paroisse de Sainte-Anne-de-la-Pérade et préfet du comté de Champlain. Natif de Louiseville, il est le fils d’Alexis Lesieur Desaulniers, un avocat qui a lui aussi participé activement à la vie politique. Député de Maskinongé au provincial de 1867 à 1871 et au fédéral de 1884 à 1887, il a été candidat défait lors d’élections en 1871, 1875, 1878, 1887 et 1900.

 

Par François Antaya, historien