Les blanchisseuses de Champlain

Chronique historique - édition de février 2019

Le 31 mars 1901, le quatrième recensement décennal du Canada est lancé à travers le pays. À Champlain, Joseph Dubord et Xavier Bourbeau parcourent la paroisse du 1er au 13 avril pour dénombrer la population. En notant le lieu de résidence de chacun des ménages, les deux énumérateurs distinguent le village Sainte-Marie, le rang de Picardie, le rang Saint-Pierre et le rang du fleuve, ce dernier regroupant la vaste majorité des paroissiens.

 Le 6 avril, sur le rang du fleuve, Joseph Dubord s’arrête chez Victoria Guimont, 52 ans. Veuve depuis moins d’un an, elle habite avec la fille cadette de son défunt mari, et sa soeur jumelle, Philomène Gignac. Alors que la jeune fille de 13 ans fréquente l’école dix mois par année, les deux soeurs gagnent leur vie comme blanchisseuses. Ensemble, elles déclarent avoir gagné 225 dollars au cours des douze derniers mois.

 Près de chez elle, d’autres veuves sont à la tête d’un foyer, mais ne déclarent pas d’emploi. L’une d’entre elles, âgé de 67 ans, habite avec six de ses enfants, tous célibataires et âgés entre 27 et 43 ans. Visiblement, elle peut bénéficier du support de ses quatre fils qui sont ingénieur, tailleur, capitaine et marchand général. Autre cas, la veuve Philomène Gouin habite avec ses trois fils, âgés entre 16 et 22 ans, qui totalisent des revenus annuels de plus de 500 dollars comme navigateurs.

 Malheureusement pour Victoria Guimont, née Gignac, elle était mariée depuis à peine deux ans lorsque son mari est décédé en mai 1900. Née en 1847, elle avait déjà atteint la cinquantaine lorsqu’elle avait épousé Honoré Guimont en 1898. Suite à son décès, sans enfant pour la soutenir, elle a conjugué ses forces à celles de sa soeur pour subvenir à leurs besoins.

 

Par François Antaya, historien

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