Tragédies péradiennes

Chronique historique - édition de mars 2019

Dans ses mémoires, publiées en 1908 dans le journal La Presse, Louis Cyr mentionne avoir présenté ses tours de force au Collège commercial de Berthierville à l’automne 1888. Voulant vérifier s’il s’était arrêté dans le comté de Champlain lors de cette tournée des campagnes québécoises, j’ai recherché des mentions de son passage dans le Journal des Trois-Rivières. Plutôt qu’une description des exploits de l’homme fort, j’y ai trouvé les descriptions de deux tragédies survenues à Sainte-Anne-de-la-Pérade.

Le 17 septembre 1888, le journal trifluvien rapporte que les funérailles d’un homme de 27 ans ont eu lieu la veille à Sainte-Anne-de-la-Pérade. Marié et père de quatre enfants, l’homme aurait été victime d’un terrible accident dans une scierie du village, où il s’était rendu pour faire déligner son bois. Alors qu’il regardait le travail de la scie ronde, un morceau de bois, propulsé par la scie, lui aurait transpercé l’oeil. Tombé inconscient, il aurait reçu l’absolution du curé qui s’était rapidement rendu sur les lieux avec le médecin. Malheureusement, ce dernier ne put rien pour le malheureux, qui décéda une quinzaine de minutes après l’accident.

Dans l’édition suivante du journal, du 20 septembre 1888, on rapporte cette fois-ci la noyade de trois Péradiens au milieu du fleuve Saint-Laurent. Le point de départ de cette tragédie serait la fuite d’un vieil homme, semble-t-il sous l’empire de la folie. Ayant appris que son père se trouvait à Saint-Jean-Deschaillons, le fils serait parti à sa recherche, accompagné de trois autres hommes. Là, il aurait retrouvé son père et réussi à l’embarquer dans sa chaloupe. Malheureusement, lors de la traversée, un coup de vent aurait fait chavirer la petite embarcation à voile. Deux hommes auraient réussi à s’y accrocher, mais les trois autres, dont le fugitif et son fils, se seraient noyés.

 

Par François Antaya, historien

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