Les courses de chevaux

La passion que partage de nombreux Québécois pour la vitesse et les courses ne date pas d’hier. Dans son Histoire des courses de chevaux au Québec, Donald Guay souligne que des habitants de la Nouvelle-France aimaient bien exhiber la rapidité de leurs chevaux. Espérant éliminer ces courses spontanées, qui se déroulaient le plus souvent après la messe sur des chemins étroits, l’intendant a émis en 1708 une ordonnance interdisant le trot et le galop à moins de dix arpents de l’église. D’autres règlements similaires ont suivi, mais l’historien relève que de nombreuses sentences étaient encore prononcées à la fin du 19e siècle contre des conducteurs trop téméraires.

Entretemps, des militaires et des gentlemen anglais, porteurs d’une longue tradition de courses de chevaux sportives, ont organisé en 1767 les premières compétitions équestres québécoises sur les plaines d’Abraham. Une quarantaine d’années plus tard, le gouverneur encourageait la participation des habitants en réservant certaines courses aux chevaux canadiens. La pratique a été reprise dans les années 1820, lors de compétitions à Montréal et Québec, puis les courses de chevaux sportives se sont répandues dans le reste de la province au cours des décennies suivantes.

Dans sa liste des champs de courses québécois au 19e siècle, Donald Guay en identifie deux à Sainte-Anne-de-la-Pérade et Sainte-Geneviève-de-Batiscan. Le Constitutionnel, un journal de Trois-Rivières, décrit d’ailleurs assez bien les courses tenues les 20 et 21 février 1873 sur les glaces de la rivière Sainte-Anne. Une foule immense aurait alors assisté aux trois courses péradiennes. Samedi, le vainqueur de la trotte de 15 milles, ouverte aux chevaux de Sainte-Anne, Saint-Prosper et Batiscan, gagnait la somme de 100 $. Dimanche, la première trotte était ouverte aux chevaux des comtés de Champlain et Portneuf, ainsi que de la cité de Trois-Rivières. La deuxième course dominicale, d’un calibre moins élevé, était quant à elle réservée “aux chevaux qui n’avaient jamais rien gagné”.

Par notre collaborateur

François Antaya

Historien, Ste-Anne-de-la-Pérade

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