Pranasens en sol sénégalais pour une mission sur les conditions féminines

Collaboration spéciale: Anne-Marie Grondin, rédactrice bénévole

UPA Développement International a signé en 2018 une entente de partenariat avec Les Agricultrices du Québec. Leur mission est de « Valoriser toutes les femmes œuvrant en milieu agricole et forestier tout en soutenant le développement de leurs capacités entrepreneuriales individuelles et collectives en reconnaissant leur contribution économique ». Les savoirs des gens de la terre (LSGT) fait parti de leur mission et devient une valeur importante dans tous leurs projets. Ce partenariat s’inscrit parfaitement dans la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes qui est une valeur chère à UPA DI et qui fait partie de la politique de développement international féministe du gouvernement canadien. Deux activités majeures ont été organisées en ce sens, soit un stage en leadership féminin où une dizaine de femmes membres de divers groupements paysans d’Afrique et d’Haïti sont venus visiter le Québec (dont Pranasens à l’automne 2019) et une mission de groupe au Sénégal où les agricultrices du Québec sont allées à la rencontre d’agricultrice sénégalaises en collaboration avec le collège des femmes du CNCR.

Crédit photo: UPA DI

Johanne Barrette, co-propriétaire de Pranasens inc., a eu l’immense privilège d’être sélectionnée pour représenter la Mauricie durant cette mission au Sénégal. Elle a fait partie d’un groupe de 16 agricultrices du Québec durant cette mission de partage dont l’objectif est de renforcer les capacités de leadership féminin, à partager les expertises entre agricultrices et créer une belle coopération entre sœurs de terres pour le développement de l’agriculture familiale. Pendant deux semaines, sur un horaire très chargé, ce groupe de femmes ont parcouru 4 500 km à travers cinq régions et visiter plus de quinze regroupements spécialisés. Cette solidarité féminine est ce qui a attiré Johanne à vouloir participer à cette mission.

Crédit photo : UPA DI

Un rêve qu’elle chérissait depuis longtemps s’est concrétisé en ce début 2020 où elle a pu mettre en œuvre « les valeurs de participer au partage du collectif ». « Par des enjeux personnels similaires, surtout au niveau de la solidarité, du niveau humain, et de l’urgence d’agir quant aux changements climatiques, l’échange communautaire est important pour renforcer les capacités des femmes et leurs conditions, maintenir une forte solidarité et pouvoir s’exprimer sur les enjeux qui nous concernent » me mentionne Johanne en parlant de ce que la mission lui a permis de vivre. Cette passion qui l’habite depuis longtemps est revenue en force avec un regain de désir de vouloir s’impliquer davantage. Son besoin de voir le développement pour les conditions féminines, de pouvoir pousser en ce sens et de répondre au besoin caché de cette facette si importante ici comme ailleurs. « Il est important de fortifier les capacités des femmes à s’exprimer, pour présenter efficacement un dossier financier, solliciter du soutien pour un projet, influencer positivement des clients en commercialisation et tout ça afin d’accroître le leadership féminin » m’explique Johanne lorsqu’elle parle de son désir de continuer à mettre de l’avant ce volet.

Fait intéressant du voyage, la découverte la culture de cacahuètes. Johanne a pu découvrir la cacahuète sous toutes ses formes : jus, culture, produits dérivés, etc. La surprise de voir ces légumineuses sous la terre et non dans un arbuste (j’ai moi-même cru que ça poussait dans un arbre). De plus, ces femmes doivent tout valoriser de chaque culture, par exemple avec la cacahuète, même le tourteau est remis aux animaux afin de diminuer le déficit alimentaire et leur fournir de la nourriture malgré le manque. Un message important à conserver ici, diminuer les pertes et valoriser mieux nos restes !!

Crédit photo: UPA DI

Pour ce qui est de la transformation du poisson, les sénégalaises vivent les mêmes enjeux que nous, la mer se vide et elles doivent en plus travailler dans des conditions plus difficiles (chaleur, manque d’eau, manque de ressources).

Johanne revient avec un bagage de connaissances et d’expériences enrichissantes grâce à ce partage entre femmes de deux cultures différentes qui vivent les mêmes enjeux! Avec ce qui s’en vient pour Pranasens en 2020, un vent de changement, de gros investissements dans le développement de la phytocosmétiques et la valorisation des produits québécois dans le milieu de la cosmétique. Le développement durable continuera d’être au cœur de la mission de Pranasens, restez à l’affût, beaucoup de nouveautés à venir et de beaux projets.